Emprise et relations toxiques
Comment surmonter une rupture quand on aime encore
2 septembre 2026

Quand on aime encore, la rupture ne ressemble à rien de connu. Ce n’est pas une page qu’on tourne, c’est un livre qu’on n’a pas fini d’écrire. La psychologue et thérapeute de couple le rappelle : se lancer dans une nouvelle relation sans avoir fait le deuil de la précédente conduit à une « relation pansement ». Avant d’envisager la suite, il y a un chemin à parcourir. Pour celles qui cherchent à se remettre d’une rupture, la première étape est d’accepter que la douleur fait partie du processus.
« Je sais qu’il est difficile de surmonter une rupture quand l’amour persiste », confirme un coach spécialisé. Ce que vous ressentez n’a rien d’anormal. Voici ce qui aide.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
Le geste recommandé, validé par la Fédération Française de Cardiologie (2021), consiste à parler à son entourage et à ne pas refouler ses émotions. Garder pour soi ce qu’on traverse isole et alourdit la charge émotionnelle.
Trois actions à poser dans les premiers jours :
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Nommer ce que vous ressentez, sans filtre. « Vous vous dites peut-être : “Je ne retrouverai jamais quelqu’un comme lui” ou encore “J’ai besoin de ses messages, de ses mots, de sa présence pour être bien” », rapporte Alexandre Cormont, coach et directeur de deux cabinets en France et aux États-Unis. Dire ces phrases à voix haute, les écrire, les partager : c’est déjà les désamorcer.
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Reprendre une activité que vous aimiez avant la relation. « Peut-être que lorsque vous faites une activité que vous aviez l’habitude de faire, vous ressentez quelque chose que vous ne savez pas comment expliquer », observe le même spécialiste. Ce trouble est normal : votre cerveau réassocie des gestes à une absence. Continuez, la répétition crée de nouveaux circuits.
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Accepter la situation sans la combattre. « Accepter la situation est une étape cruciale pour surmonter une rupture, même si l’amour persiste. » Accepter ne veut pas dire approuver. Cela signifie reconnaître que lutter contre les faits épuise vos réserves.
Les repères d’âge : ce qui change selon l’âge
La manière de traverser une séparation n’est pas la même à 25, 35 ou 50 ans. Les enjeux diffèrent, tout comme les ressources émotionnelles disponibles.
« Reprenons du début, on s’est rencontré il y a un an et demi au boulot, je venais de muter dans une nouvelle ville où je connaissais personne et je sortais d’une précédente rupture 3 mois auparavant qui m’avait faite beaucoup de mal », témoigne une femme sur un forum santé. Ce récit illustre la vingtaine ou la jeune trentaine : la rupture se superpose à d’autres transitions (déménagement, nouveau travail, éloignement du réseau amical). Le risque est d’enchaîner les relations sans prendre le temps du deuil, par peur de la solitude.
À l’autre extrémité, « on ne tourne pas la page aussi facilement après une histoire qui a duré 15 ans », note une psychologue. Quand une relation a traversé des années, des enfants parfois, des biens communs, la séparation n’est pas qu’affective : elle est logistique, financière, identitaire. Le deuil est plus long, les étapes se chevauchent.
Alexandre Cormont, qui accompagne depuis plus de 15 ans des hommes et des femmes dans leur reconstruction amoureuse, le confirme : chaque âge a ses fragilités propres, mais aussi ses leviers. À 25 ans, on se reconstruit sur la projection ; à 45 ans, sur la lucidité de ce qu’on ne veut plus revivre.
Les signaux qui doivent alerter, et quand consulter un professionnel
« La séparation d’un couple est une étape qui peut être douloureuse notamment si des sentiments amoureux persistent ou que l’on a été quitté.e », rappelle le média Parents. Une douleur est normale. Une douleur qui s’installe et vous empêche de fonctionner ne l’est plus.
| Signal | Ce qu’il indique | Source |
|---|---|---|
| Anxiété qui se répète et perturbe la vie quotidienne | Signe commun au gaslighting, au love bombing et au ghosting | ameli.fr, décembre 2025 |
| Envie irrépressible de se lancer dans une nouvelle relation | Risque de « relation pansement » qui retarde le deuil | femmeactuelle |
| Sentiment persistant d’avoir perdu un trésor inestimable | Deuil amoureux bloqué nécessitant un accompagnement | alexandrecormont |
Quand l’anxiété « se répète », « s’installe dans la durée » et « perturbe durablement la vie quotidienne », le site ameli.fr recommande, dans sa fiche de décembre 2025, de consulter un psychologue. Si vous reconnaissez des mécanismes d’emprise comme le gaslighting ou le love bombing dans votre ancienne relation, les ressources d’arretonslesviolences.gouv.fr et de Psycom peuvent vous aider à poser des mots sur ce que vous avez vécu.
« Pour faire son deuil de la relation amoureuse, il est également important de prendre du recul par rapport à son ancien partenaire, de ne plus le ou la fréquenter, lui envoyer des messages ou bien encore de le ou la surveiller sur les réseaux sociaux », conseille Parents. Couper le contact numérique est un geste de protection, pas une faiblesse.
Les erreurs qui aggravent et comment les éviter
« Ce que vous devez comprendre, c’est qu’il n’y a jamais de rupture simple, ou alors une très petite minorité », insiste Alexandre Cormont. Se juger parce qu’on ne va pas assez vite, parce qu’on pleure encore trois mois après, parce qu’on a envoyé un message qu’on regrette : c’est s’infliger une double peine.
Première erreur : « Je ne pourrais jamais vous dire qu’il est possible d’oublier son ex du jour au lendemain, et je pense sincèrement que les personnes qui le montrent sont dans une forme de déni. » Vouloir accélérer le processus en faisant comme si tout allait bien ne fait que repousser l’échéance. Le déni protège sur le moment, il ne guérit pas.
Deuxième erreur : se précipiter dans une nouvelle relation. « Or, c’est une grave erreur car se lancer dans une nouvelle relation sans avoir fait le deuil de la précédente conduit à une relation pansement », prévient la psychologue et thérapeute de couple citée par Femme Actuelle. La relation pansement anesthésie temporairement, et la douleur revient quand l’anesthésie se dissipe.
Troisième erreur : idéaliser ce qui a été perdu. « Quand on aime encore son ex, on a souvent l’impression d’avoir perdu un trésor inestimable et que jamais vous ne pourrez vous en remettre. » Une relation qui se termine avait aussi ses failles, ses frustrations, ses renoncements. Les oublier, c’est se condamner à ne voir que ce qui n’est plus.
Un dernier écueil, plus concret : « De toute façon si un enfant n’est pas désiré, ne pas le faire, ce sera une contrainte au sein du couple. » Cette mise en garde, issue d’un forum santé, rappelle qu’une décision précipitée dans l’émotion d’une rupture crée des engagements qui pèsent longtemps.
FAQ : Vos questions sur la rupture quand l’amour persiste
Pourquoi est-ce que je souffre encore autant plusieurs mois après ?
Parce que l’amour ne s’éteint pas avec une décision. « Ce que vous devez comprendre, c’est qu’il n’y a jamais de rupture simple. » La durée du deuil dépend de la profondeur du lien, de la durée de la relation, et du soutien dont vous disposez. Une histoire de 15 ans laisse des traces qu’on n’efface pas en quelques semaines.
Faut-il couper tout contact avec son ex ?
Oui, au moins temporairement. « Pour faire son deuil de la relation amoureuse, il est également important de prendre du recul par rapport à son ancien partenaire, de ne plus le ou la fréquenter, lui envoyer des messages ou bien encore de le ou la surveiller sur les réseaux sociaux. » Ce n’est pas une punition, c’est une condition pour que votre cerveau cesse d’attendre un signal qui ne viendra pas.
Comment savoir si j’ai besoin de consulter ?
Quand la douleur ne diminue pas après plusieurs mois, quand elle vous coupe de vos activités, perturbe votre sommeil ou votre alimentation. Le repère donné par ameli.fr est clair : une anxiété qui « se répète », « s’installe dans la durée » et « perturbe durablement la vie quotidienne » mérite un rendez-vous. Les centres Psycom et les permanences de France Victimes peuvent aussi vous orienter.


